Actionnariat : qui détient Meetic?
Premières levées de fonds :
Après avoir revendu ifrance et passé environ 18 mois chez Vivendi, Marc Simoncini fonde Meetic fin 2001 et apporte de sa poche 1 million d’euros. Une broutille comparé aux 45 millions d’euros que Simoncini avait touché un an plus tôt.
Mais vu les importantes dépenses marketing et les besoins croissants de modération, Simoncini fait un premier tour de table en juin 2002 et parvient à lever 2 millions d’euros.
Cela ne suffit toujours pas à combler les appétits de Meetic et de son fondateur, Simoncini décide donc de lever 7 millions d’euros en octobre 2004. L’heureux actionnaire est cette fois AGF Private Equity représenté par Benoît Grossmann qui rentre ainsi au conseil d’administration de Meetic. Benoît Grossmann et Simoncini investiront plus tard conjointement dans le site de vente privée 24h00 (cf Aelios Finance).
Puis, c’est la folie des grandeurs, Simoncini comprend vite que s’il veut rivaliser avec l’américain match.com, il lui faut amasser un trésor de guerre. Une seule solution : la bourse. C’est chose faite en octobre 2005, ce qui permet à Meetic de lever 86,7 millions d’euros. La bourse va permettre au site de rencontre de se développer à l’international, de lancer des nouveaux produits et d’accroître son leadership. Mais le pendant de cette réussite est la perte d’autonomie et la pression des actionnaires…
Entrée en bourse :
Le 12 octobre 2005, Meetic entre en bourse, 27,3% du capital est cédé au public. L’action est côtée à 22,30€ ce qui valorise Meetic à environ 325 millions d’euros. Pour cette entrée en bourse, Marc Simoncini cède 16% du capital, il détient alors 41,63% des actions de Meetic. De même, AGF Private Equity cède 2,35% et détient 6,10%. D’autres actionnaires comme Jacques Collin cèdent également des parts.
Cession d’actions : Simoncini touche 50 millions d’euros
Lors de l’entrée en bourse, Marc Simoncini et AGF s’engagent à ne pas vendre d’actions pendant au moins 180 jours, c’est à dire jusqu’au 15 avril 2006.
Mais les actionnaires et Simoncini en tête ne peuvent plus attendre. Le titre avait bien monté, atteignant la barre des 30€, mais commençait à baisser suite à la publication des résultats annuels le 27 mars. Les actionnaires ont donc demandé une vente par anticipation, ce qui leur a été accordé. Près de 13% du capital est cédé dont plus de 3% par Simoncini dont la participation est désormais de 38%.
Les deux principaux cédants sont donc Simoncini qui empoche 17 millions d’euros et AGF qui vend pour 11,5 millions d’euros. Après la cession, AGF détient encore 3,66% de Meetic.
Mais vous comprendrez que 17 millions d’euros, cela part vite avec Marc Simoncini! Ainsi, en juin 2007, soit à peine plus d’un an plus tard, le fondateur du site de rencontre décide de céder une nouvelle fois des parts. Simoncini cède alors 7% de Meetic pour environ 35 millions d’euros. Les marchés financiers n’ont pas trop apprécié le désengagement de Simoncini, le jour de la cession, le titre a perdu plus de 4%.
En un an et demi, il est vrai que la participation de Simoncini est passé de 41,63% à 31%, cela n’est pas pour rassurer les investisseurs… A part ça, Simoncini dit qu’il veut rester seul maître à bord et qu’il ne compte pas se désengager de Meetic…
Fidelity International : un actionnaire douteux?
Les principaux actionnaires de Meetic sont aujourd’hui les suivants :
On peut noter la participation croissante de Fidelity International qui en quelques mois a racheté près de 13% du capital. Fidelity International, filiale de FMR Corp Fidelity Investments est un des plus gros fond d’investissement américain.
L’éthique de Fidelity international a été plusieurs fois mise en doute : selon transnationale.org, le fond d’investissement serait implanté dans cinq paradis financiers et aurait à son actif deux pratiques douteuses en matière de publicité et de marketing. Son actionnaire principal, Abigail Johnson avait été inquiété en 2003 pour une affaire de corruption.
Bref, on peut dire que la satisfaction du client et le sens du business éthique ne sont pas les priorités du géant de la finance. De même, on est en droit de s’interroger sur les motivations réelles de Fidelity International quand à cette prise de participation dans le capital de Meetic.
Business angels et alliés de Simoncini
Le troisième actionnaire n’est autre que Thierry de Passemar, ami fidèle de Simoncini. Il était déjà à ses côtés lors de la revente d’i-france. Thierry de Passemar a depuis monté le fond d’investissement Fastnet Investment et est administrateur de meilleurtaux.com. Il s’agit donc du plus grand fidèle de Simoncini.
On compte également deux business angels : Philippe Dian via sa société d’investissement MDP au capital de 5 millions d’euros implantée sur les Champs-Elysées. Philippe Dian est également avocat au barreau de Paris. Il exerce notamment pour M6, il a défendu le projet Loft Story face aux attaques de TF1, il est en effet un bon ami du PDG de la chaîne (cf l’Expansion). Ses premières préoccupations ne sont pas franchement la qualité du service et la valeur client mais plutôt une rentabilité et une audience de masse… Philippe Dian détient directement et indirectement via sa société MDP 5,20% du capital de Meetic
Autre business angel, Jacques Collin, vice-président de Paris Business Angel qui détient 1,39% du capital du leader européen de la rencontre en ligne.
Enfin, Christophe Salanon, ancien DG de Meetic remplacé en juillet 2006 par Philippe Chaigneux détient encore 3,66% du site de rencontre.
Résumé et tendances :
En résumé, on peut dire que :
- Simoncini se désengage progressivement de Meetic, il a vendu 10% du capital en un an et demi et a empoché au passage plus de 50 millions d’euros
- Que le fond d’investissement américain Fidelity International au passé douteux a augmenté considérablement sa participation dans le capital de Meetic
- Que les autres actionnaires principaux sont des business angels (6,6%) et des alliés de Simoncini (pour environ 10%).
Voilà, désolé pour le caractère un peu “CAC 40” de ce post, mais il nous paraissait important de faire la lumière sur les personnes qui possèdent réellement Meetic.
Source : Boursorama, La Tribune, Les Echos



Meetic, le géant européen de la rencontre en ligne est rentré en bourse en octobre 2005, soit un peu plus de trois ans après son lancement. Marc Simoncini, son fondateur, a toujours assuré vouloir garder le contrôle de l’entreprise. Mais qui sont les autres actionnaires et dirigeants à ses côtés?


