Porn Attacks !! WeFlirt et Yes Messenger
Situation de l’industrie adulte online
La célèbre video sur les chiffres de l’industrie adulte en ligne.
L’industrie pornographique a toujours été l’industrie media la plus en pointe technologiquement. La première à voir le potentiel de la VHS, du DVD - et les seuls à avoir utilisé le “multi-angle” - et les premiers à avoir investi le web commercialement. Le modèle de l’industrie pornographique est simple : la production de contenu est commune pour chaque mode de distribution. Un tournage est également un shooting photo, le contenu est ensuite distribué sur DVD, magazines, sites internet, augmentant la rentabilité d’autant plus que les coûts de production ont chuté du fait du passage au numérique d’une part, et de l’invasion du gonzo, de l’amateur, et du nivellement qualitatif vers le bas. On peut penser à ce fameux passage du Big Lebowski où Jacky Treehorn explique cette descente aux enfers du porn-business, avec cette pointe de nostalgie pour les experimentations vis à vis de la morale des années 70 (Kärlekens sprÃ¥k - 1969, Gorge Profonde, etc…).
Aujourd’hui, comme la plupart des industrie de contenu, et en avance sur le cinéma, la pornographie souffre du P2P. En avance sur le cinéma à ce niveau là du fait de la faible valeur ajoutée du cinema pornographique : très peu artistique, presque utilitaire, dont les gros consommateurs sont souvent des hommes férus également de nouvelles technologies, il y a là une externalisation négative. L’industrie pornographique on-line marche au micro-paiement, ou à l’abonnement. Comme la rencontre en ligne. Cette dernière n’est pas concurrençable par le P2P. Le lien est vite fait, surtout après cette statistique rapide : le plus grand site pour adultes au monde est AdultFriendFinder.com, le site de rencontre sexuel. Le monde du porno se met donc à la rencontre. Il ya du contenu, généré par les utilisateurs - les photos des membres, de l’abonnement, et de la promesse physique sans prostitution. A priori le modèle rêvé.
En France, deux acteurs sont arrivés récemment sur le marché :
- Carpe Diem, racheté par Rentabiliweb, avec Yes Messenger
- SexyAvenue (société DreamNex, récemment entrée en bourse - 90M€ de valorisation), avec WeFlirt, qui remplace Dial Messenger et sa très très mauvaise réputation.
Deux produits, un modèle
La première caractéristique de ces deux produits est le fait que ce ne sont pas des sites, mais des logiciels à télécharger. Cela n’est pas sans raison, même si pour l’instant nous n’avons pas les informations nous permettant de savoir laquelle de ces raisons est déterminante. On peut toutefois lister :
- La création de fidélité : une icone en permanence sur le bureau fidélise mine de rien, aussi, pour relancer un prospect, c’est plus pratique d’être déjà sur le pc.
- Le tracking des utilisateurs : apparemment, ces logiciels se comportent comme des spywares, sont difficiles à désinstaller, provoquent des comportements étranges de windows
- Des réductions de coût en bande passante : uniquement les flux d’informations sont échangés, pas l’interface
- Réduction des coûts de développement : utilisation de solutions en marque blanche ou open source comme TIPIC sur lequel est inséré un module de paiement (compétence déjà acquise).
Ce qu’on peut dire en tout cas est que ce choix n’est pas neutre, et n’est pas pour sécuriser le consommateur. L’intérêt de rester dans un navigateur internet, c’est que ce dernier se comporte comme une zone demilitarisée en quelque sorte (experts en IT, ne me faites pas dire qu’un browser est une DMOZ !) : le browser agit comme un rempart aux infiltrations de l’exterieur.
Au niveau tarifaire, les deux services sont différents : 19€90 par mois pour Yes Messenger (en un paiement de 60 euros) sans periode d’essai, 29€90 par mois pour weflirt.
Sur le produit Yes Messenger en lui même, je vous renvoie vers cet article de Youri. Ce qu’on peut dire c’est qu’il suffit de faire un tour sur la toile (juste taper yes messenger sur google), et directement on tombe sur des plaintes utilisateurs… Weflirt sera-t-il plus sérieux à ce niveau là ? On peut en douter vu le support logiciel de l’offre… et le passif de Dial Messenger... Attendons de voir.
Infraction Légale
Aussi, parce que nous sommes très gentils, on voulait mettre en avant que Carpe Diem et DreamNex sont en infraction. Ils ne respectent ni l’un ni l’autre les clauses obligatoires d’un site définies par la LCEN aux articles 6 et 14. La déclaration CNIL n’est pas indiquée. Reste au CSA de faire son travail, et également à des associations de consommateurs telles UFC Que Choisir.
Pour Conclure
Le monde du porno débarque sur la rencontre en ligne, avec son éthique. Nous ne critiquons pas ce monde, mais il est connu que l’industrie pornographique est souvent aux limites de la légalité sur certains domaines et a une faible compétence en service client. On le constate avec amertume en ligne.



Depuis quelque temps, on constate l’arrivée de nouveaux acteurs sur le marché de la rencontre : les grands groupes internet pour “adultes”, en somme les empires du porno. Affectés par la canibalisation de leur contenu original (les photos et videos qui désormais saturent les réseaux P2P illégaux), et donc par une chute de leurs revenus, ces as de l’abonnement plongent tête la première sur le marché de la rencontre… Première visite guidée avec WeFlirt et Yes Messenger, de SexyAvenue (DreamNex) et CarpeDiem (Rentabiliweb)


