Le célibat : fléau de notre société?

Par Youri, le jeudi 29 novembre 2007 à 00:37

Selon l’INSEE, il y aurait près de 15 millions de célibataires en France, soit 30% de plus qu’il y a 10 ans. Loin des concepts marketing du célibataire branché et heureux de son indépendance, différentes études montrent que le célibat a des répercussions négatives

Un nombre croissant de célibataires :
Les chiffres sont éloquents : près de 15 millions de célibataires! Aujourd’hui, un adulte sur trois est célibataire. Dans les grandes villes, le phénomène est encore plus impressionant. Un parisien sur deux vit seul!
Et tous les indices tendent à démontrer que le nombre de célibataires ne fait que s’accroître.

Les Célibataires : une cible très prisée
Face à cette minorité qui n’en est plus une, les marketeurs ne sont pas en reste. Tout est fait pour séduire les “solistes” comme il est désormais coutume de les appeler. Des journées leur sont consacrées comme la Fête des Célibataires le 13 février qui renvoie preque la Saint-Valentin au rang de fête un peu ringarde.
Le speed dating et sites de rencontre ont le vent en poupe. Des séries TV telles Ally Mcbeal ou Sex in the city leur sont consacrés. Dans les supermarchés, des rayons entiers leur sont dédiés, etc.
Mais surtout les marketeurs ont réussi à faire du célibataire le symbole de l’avant-garde. On le dit branché, indépendant, libre d’esprit, assoiffé d’art et de culture, adepte des nouvelles technologies, prenant soin de son corps…
Bref le célibataire est porté en triomphe au dépit du couple qui renvoie une image un peu vieillote. Et ne parlons pas du mariage!

Une réalité bien différente :
Lorsque l’on sort de cette déification du célibataire, on s’aperçoit que la construction du single branché n’est bien souvent qu’une vue de l’esprit. La réalité semble bien différente des discours publicitaires…
Il est difficile d’estimer le nombre de personnes qui ont fait le choix d’être célibataire, mais selon le sociologue Jean-Claude Kaufmann, moins de 2% des personnes font le choix de vivre seul.

Une solitude bien difficile à vivre :
Selon une étude réalisée par Parship, 50% des personnes interviewées déclarent que “souffrir de n’avoir personne” est ce qui caractérise le mieux les célibataires. D’après des études médicales, le célibat aurait même des répercussions négatives sur la santé!
Ainsi, les médecins considèrent le célibat comme LE nouveau facteur de risque pour les maladies cardiovasculaires. De même, on observe chez les célibataires des troubles de sommeil fréquents. Leurs consommation d’alcool et de tabac est plus importante. L’ensemble de ces troubles est apparamment plus prononcé chez les hommes. Selon de récentes études, l’espérance de vie d’un homme célibataire serait 8 ans inférieure à celle d’un homme en couple!
Les femmes semblent mieux tolérer la solitude. En réalité, la femme est apparamment plus durement affectée par une vie de couple qui ne la satisfait pas que par le célibat. A l’inverse, pour les hommes, un mariage même raté a une incidence positive sur leur santé.
Et oui, nous sommes bien loin de ce fameux single branché qui fait la une des magazines. Mais à y regarder de plus près, même dans les séries TV mettant en scène des célibataires, les heroines ne sont à la recherche que d’une chose…l’Amour

Source : Parship, Arte, Le Nouvel Observateur

3 Commentaires

Faisant parti de ces 15 millions de célibataire (et particulièrement des 98% qui ne souhaite pas l’être), je me sens vaguement concerné par cet article ;o)

Si j’accepte aisément cette réalité, je trouve tout de même effarant que dans notre société où les moyens de communications se sont si incroyablement développer nous soyons parallèlement de plus en plus seul…

PS : vous pourriez ajouter en annexe de cet article la recrudescence du nombre de divorce qui doit très certainement expliquer une partie non négligeable du phénomène

Tom@, le novembre 29, 2007

Le célibat est généralement une période que l’on subit. Même si 2% des solistes assument cette situation il est clair que trop souvent “vivre seul” affecte le moral.

Pour expliquer la croissance du nombre de célibataires on peut bien sûr creuser du côté des divorces, mais pas seulement.
C’est toute notre société qui crée l’illusion.

Avoir le choix d’avoir mieux, avoir la possibilité de changer de partenaire quand on veut… Comme dans toute société de consommation on insuffle un vent de liberté qui cache derrière une réalité plus dure.

A l’heure ou l’on change de mobile 1 fois par mois, on ne voit pas pourquoi on ne pourrait pas changer robert qui boit sa bière dans le canapé devant son match…

On n’accepte plus de concession, on ne met plus les problèmes de couple sur la table. On attend que le vase déborde pour chercher ailleurs sans préavis.

Bon derrière ce tableau noir, les éditeurs de site de rencontre (dont je fais partie) voient l’expression forte d’un besoin affectif - ou physique et donc un marché qui explose.

Si l’on rajoute les internautes non-célibataires qui envisagent de le devenir, les personnes en couple qui cherchent amant / maîtresse… la rencontre en ligne a encore de beaux jour devant elle (a condition que celle-ci place au centre la qualité des échanges et affiche un visage plus humains que financier).

Bon article youri :)

loovle, le novembre 29, 2007

L’augmentation du célibat est un vaste sujet qu’il est bien difficile de résumer dans un seul article. Et le fait d’essayer de trouver des solutions à ce probleme en favorisant les rencontres pourrait presque faire l’objet d’un service public vu que les solutions “commerciales” des sites de rencontres sont encore loin de donner vraiment satisfaction :)

C’est aussi tout l’interet du site DatingWatch de mieux comprendre les enjeux à la fois sociaux et commerciaux des sites de rencontres. Car il ne s’agit pas que d’un business parmi d’autres mais d’un véritable phénomène social à titre individuel, car rencontrer un partenaire avec qui vous allez peut-etre passer le reste de votre vie est une des plus importantes décision à prendre, mais remet aussi en cause les fondements de notre société. Sans compter tous les enjeux économiques, comme par exemple le fait que 2 célibataires vivant seuls auront besoin de 2 fois plus de logements qu’un couple donc il ne faut pas s’étonner que le prix des loyers s’envolent !

On a souvent tendance à résumer les causes du probleme par des idées simples:
La libération des femmes leur a donner la possibilité de quitter un homme alors qu’avant les divorces étaient rares, et la société moderne favorise les opportunités de rencontres et donc le Zapping.

Oui c’est vrai mais c’est une vision moraliste et un peu simpliste du probleme, je ne pense pas qu’avant c’était forcément mieux car il y avait certainement beaucoup de couples qui restaient ensemble plus par nécessité que par choix. Donc le problème c’est pas vraiment que les gens zappent mais plutot qu’ils ont du mal à trouver la personne qu’il leur correspond.

Les célibataires sont aussi devenus plus exigeants, plus égoistes et moins tolérants, en vivant seuls ils ont pris aussi de mauvaises habitudes et font moins d’efforts pour accepter les contraintes de la vie de couple.

Aucun site de rencontre n’a encore trouvé la formule magique et c’est un domaine trop complexe pour etre mis en équation et laisser faire le travail à un ordinateur. Meme en France si des sites de rencontres par affinités comme Ulteem ou Parship existent, ils s’adressent à un public trop ciblé et leurs méthodes de profiling sont encore loin de faire l’unanimité.

Et malheureusement la plupart des sites de rencontres n’ont pas pour but de créer des couples stables sinon ils perdent des clients, d’ailleurs c’est bien ce que dit Meetic: on ne vous promet pas l’amour mais uniquement de faire des rencontres!

La question c’est donc plutot: est-ce qu’un site de rencontre dont l’objectif est de générer un maximum de profit peut vraiment apporter une réponse à un probleme d’ordre social ?

L’amour et les sentiments ne s’achetent pas et ne peuvent donc pas etre considérés comme des produits de consommation.

Ludovic, le décembre 2, 2007
Laissez un Commentaire
Commentaire: