Rencontre et éthique : du minitel à internet
Le minitel rose : une arnaque organisée
Selon la personne interviewée, qui souhaite garder l’anonymat, il y avait sur le minitel 95% d’hommes. Aussi, tout un système était mis en place afin de leur faire croire qu’ils étaient sollicités et de nourrir leurs fantasmes. Deux techniques étaient utilisées :
- Robots : les algorithmes étaient plus ou moins bien faits selon les cas et permettaient d’envoyer des centaines de mails formatés pour tenir les clients en haleine
- Animatrices : il s’agissait en fait principalement d’animateurs. Il était alors beaucoup plus difficile de détecter la tromperie.
Le minitel rose a été un business fleurissant entre le début des années 80 et l’arrivée d’internet. Il faut dire qu’à 90 francs de l’époque l’heure de connexion, l’argent coulait à flot.
Selon la personne interviewée, 99% du minitel rose était infesté de robots et autres animateurs.
Le comble est que même les rares femmes présentes sur ces plate-formes étaient contactées par des animateurs ou des robots. Elles étaient en effet si peu nombreuses qu’elles auraient été harcelées de messages en permanence.
Internet et le site de rencontre :
A partir de 1998, le minitel entame son déclin au profit du web. Internet révolutionne la capacité d’échanger par ordinateur interposé. Mais si l’outil change, les attentes restent les mêmes.
Les sites de rencontre font donc rapidement leur apparition, on se souviendra particulièrement de Netclub qui a conféré les premières “lettres de noblesse” au concept. Puis Meetic, grâce à des gros budgets marketing et à l’intégration du messenger remporte la mise et permet de réellement démocratiser le concept du site de rencontre.
Existe alors deux grands types de sites : les sites de rencontre sexuelles et les sites de rencontre sentimentales. Sur les premiers, on retrouve largement les techniques à succès du minitel rose, principalement en raison du déficit de femmes.
Quand aux sites de rencontre sentimentales, ils tentent de démontrer leur sérieux et leur hônneteté et se veulent loin de ces pratiques douteuses.
Les acteurs du minitel :
Aujourd’hui, la plupart des acteurs du minitel ont disparu. Certains ont réussi à se convertir sur internet. C’est le cas notamment de la société AGL, éditrice du fameux 3615 Ulla qui édite aujourd’hui les sites serencontrer.com et cum.fr.
On pense aussi à 123 Multimedia éditeur de tchatche.com et de drague.net. Beaucoup des anciens du minitel ont disparu avec l’arrivée d’internet. D’autres ont cessé leurs pratiques d’antan.
Internet et la démocratisation de la rencontre en ligne :
L’arrivée du web a permis de “déghettoïser” la rencontre en ligne. Les impératifs de transparence et de sérieux aidant, les sites de rencontre ont tout fait pour se donner une image acceptable.
Toutefois, il semble que certaines pratiques douteuses sévissent encore sur certains sites de rencontre. Une récente affaire nous l’a démontré…
Les problématiques de la publicité intrusive, de la reconduction tacite des abonnements, du gonflement artificiel du nombre de membres, et plus grave de l’animation nuisent au concept même du site de rencontre.
Car si plus d’un célibataire sur deux n’a jamais fréquenté un site de rencontre, c’est avant tout par manque de confiance dans ces sites…



Le site de rencontre puise son origine dans le minitel qui proposait, entre autres, des rencontres sexuelles, le fameux minitel rose. Aujourd’hui, les sites de rencontre se veulent plus sérieux. Mais certaines pratiques héritées du minitel semblent persister…Un ancien acteur du secteur témoigne…


