Exclu : ComeInMyWorld… avenir de la rencontre ?
Contexte
Finalement, les sites de rencontre se ressemblent tous, ou presque, et trouver une différenciation réelle est ardue. En 5 ans, le seul modèle nouveau qui a su s’installer dans ce paysage est la rencontre par affinités psychologiques.
La rencontre est une industrie un peu à part sur internet : ce n’est traditionnellement pas un vivier de recherche et développement technologique. Le video-chat ou autre téléphonie ne sont que des applications classiques de Flash Media Server, le matching n’a eu de développement que grâce aux sciences sociales (psychologie pour Ulteem et Parship, ethnologie pour chemistry.com de Match). Aussi, l’industrie de la rencontre est malade du syndrome que j’appellerai le “C’est comme ça”. Un site de rencontre, c’est comme ça, pas autrement. On doit pouvoir flasher, chatter, mailer, faire des recherches basiques et avancées, et la dernière mode, inclure un module à la Hot or Not. Voilà le marasme de notre industrie chérie. Là où arrive ComeInMyWorld.
ComeInMyWorld : Parti Pris et Castor
L’équipe de ComeInMyWorld a eu une approche différente : ils se sont posé la question de fond, la même que s’est posé le premier type à faire un site de rencontre il y a plus de dix ans : Comment, grâce à Internet, faciliter la rencontre amoureuse ? A dix ans d’intervalle, la réponse est différente.
Il y a dix ans, le modèle c’était les petites annonces de Libération, et l’Internet avait amélioré le concept : plein d’annonces, qui ne disparaissent pas d’un jour à l’autre, et la possibilité de contacter les personnes, mettre des photos, etc… Et on en est resté là.
Mais la rencontre, ne serait-ce pas parler, échanger, plutôt que se décrire avec un formulaire type Cerfa E412/8 ? Ne serait-ce pas se retrouver dans un petit coin douillet avec la personne avec qui on pense avoir des affinités ? Ne serait-ce pas d’abord un experience “sensuelle” au sens propre ? C’est ici le parti pris de ComeInMyWorld, assuré par une méthode secrète : l’esprit Castor de progression continue, basée sur une interaction forte avec les utilisateurs et la prise en compte permanente de leur feedbacks.
ComeInMyWorld : Ca ressemble à ça
CimW, c’est à la base, technologiquement parlant, de la 3D. Un client à télécharger (pour Windows pour l’instant) et une immersion totale. Je vous sens déjà frémir : on nous fait le coup de SecondLife, mais pour la rencontre. Rassurez vous : le monde est à dimension humaine : une petite ville avec trois places, une rue principale et une plage. On ne tombe pas dans le défaut de Second Life où il faut se téléporter, voler, courir puis marcher pour retrouver quelqu’un (qui se trouve au final être sur le toit d’un immeuble qui fait office de salle de jeu).
En se balladant, on croise des personnes, et certaines sont coiffées de sphères, orange ou verte. Les sphères orange signifient que la personne vous plaira peut-être, et inversement. Les vertes, c’est que vos recherches sont parfaitement compatibles. Les critères de recherche sont sommaires, mais cela est voulu : principalement la tranche d’âge, la taille, le fait d’être célibataire ou non, d’avoir des enfants, et la zone géographique d’habitation. Le reste se découvre en discutant.
Oui, j’ai bien dit en discutant, et pas en chattant. Ici, pas de chat. Soit on s’écrit des lettres, soit on discute en audio, avec synchronisation des mouvements de la bouche. L’effet est plutôt très réussi et on se laisse prendre au jeu. La voix donne un côté très réaliste et immersif à l’expérience.. Bien entendu avant, on a regardé le profil de la personne :
Enfin, une fois qu’on a l’impression que le feeling passe, on peut passer à une étape supérieure d’intimité : les InSitu. Des salles spéciales autour d’une thématique : Actualité, Cinéma ou Gastronomie, où on peut discuter tranquillement sur un sujet illustré par un album photo que l’on fait défiler. Ce qui donne des discussions marrantes, sur par exemple les Sushis ou des plats étranges. Mais surtout, l’InSitu des InSitu, c’est le MyInSitu. Mon lieu, dont je choisis la décoration, avec mes photos personnelles. Voici celui de Mimi, mon interlocutrice préférée :
Et oui, nous avons parlé poulets.
Limites
ComeInMyWorld est loin de nous avoir laissé indifférents. Cela fait du bien de voir quelque chose de différent, aux partis pris forts. On se pose toutefois des questions. La première, et la plus naturelle, c’est l’obstacle que représente l’acte de télécharger un client lourd sur sa machine. Je pense que la crainte de virus et autres spyware ne jouera pas ici : l’entreprise, la technologie, le travail derrière apportent une confiance totale dans le projet. Toutefois, c’est une certaine implication que de télécharger et installer 77Mo sur son disque dur, et cela est à prendre en compte.
La deuxième question que nous nous posons concerne le mode de découverte des membres de ComeInMyWorld. Elle se fait exclusivement entre membres connectés. C’est la fin de notre catalogue impersonnel, où on fait son panier de coeurs à séduire. En somme, quand on est pas là, on est pas là. Et quand trop de monde est là, les membres sont répartis entre des mondes virtuels semblable et nous sommes projetés dans celui où on aura le plus de Matchs (les sphères vertes). N’est-ce pas limitant ? Contraignant ?
Enfin, l’ultime question. ComeInMyWorld correspond-il aux attentes du marché ? N’est-il pas trop avant-gardiste ? J’avoue être partagé là dessus. Ma partie pro-innovation me fait dire que c’est génial et que les utilisateurs seront heureux de cette bouffée d’air frais. Mais ma part “marketeur cynique” me dit que les utilisateurs aiment leurs points de repères. Enfin, nous verrons. En tout cas nous souhaitons longue vie à ComeInMyWorld.
Pour l’instant, ComeInMyWorld est en beta privée. Le lancement se fera petit à petit dans les prochains mois.



Nous avons eu le grand privilège d’être les premiers à tester ComeInMyWorld, un nouveau service de rencontre d’un genre nouveau, développé à l’Explocentre d’Orange Labs. Au programme, immersion totale, voix, avatars, 3D et originalité pour un produit à contre courant des ténors actuels… Serait-ce un aperçu de l’avenir de cette industrie ?


