Etats-Unis : rencontre sous surveillance
The International Marriage Broker Regulation Act :
Cette loi vise les citoyens américains qui souhaitent rencontrer des femmes étrangères via un site de rencontre. Désormais chaque internaute américain devra divulguer les informations relatives à son statut judiciaire. Il devra indiquer s’il a déjà ou non été poursuivi pour crimes sexuels, faire part de son statut marital, indiquer s’il a des enfants et dévoiler ses divers lieux de résidence depuis l’âge de 18 ans.
Les sites de rencontre qui ne se feront pas le nécessaire pour récolter ces informations sont passibles d’une amende de 25 000 dollars et l’administrateur du site risquera une peine pouvant aller jusqu’à 5 ans de prison. Autant dire que les américains ne rigolent pas avec les règles en matière de dating…
Les défendeurs de cette loi invoquent la protection des femmes étrangères contactées par les hommes américains. Cependant, à en croire différentes études, les abus ne semblent pas être plus nombreux lors des mariages internationaux que lors des mariages domestiques. Certains invoquent donc ici une atteinte aux libertés individuelles, allant dans le sens du “Patriot Act”.
The Internet predator awareness and online safety act :
L’autre loi qui vient de voir le jour aux Etats-Unis porte également sur le renseignement des informations judiciaires des personnes. The “Internet predator awareness and online safety act” est à l’origine du site de rencontre américain True.com. Le but est d’inciter les acteurs de la rencontre à indiquer si ils recherchent ou non les antécédents criminels des membres. Les sites de rencontre doivent désormais indiquer clairement s’ils permettent à leurs membres d’avoir eu des soucis avec la justice. A titre d’exemple, voici ce que l’on peut voir sur True.com :
True.com va d’ailleurs plus loin puisqu’ils poursuivent les personnes mariés qui se disent célibataires. Si tel est votre cas, vous risquez jusqu’à 250 000 dollars d’amende et 5 ans de prison.
True.com a ainsi réussi une belle opération de lobbying. Il s’agissait du seul site de rencontre à demander les antécédents criminels des personnes. Aujourd’hui, True.com a réussi à imposer son approche à ses concurrents, malgré les fermes contestations de Match.com et de Yahoo!
Les concurrents ont en effet indiqués qu’il était délicat de vérifier la véracité des informations transmises et que cela consistait à donner de fausses garanties aux personnes.
La méfiance est de rigueur…
A travers ces deux lois, les Etats-Unis ont opté pour une législation rigoureuse avec un focus sur la divulgation des antécédents criminels des personnes. Nul doute que ce type d’initiative serait difficilement accepté dans les pays latins où la protection des informations personnelles est une donnée non négligeable.
Ce dispositif ne fait qu’indiquer la problématique de confiance qui réside encore sur les sites de rencontre. L’anonymat peut en effet être la source de comportements peu responsables. Des solutions justes et équilibrées devront être trouvées pour rassurer les personnes et faire des sites de rencontre un espace de confiance…
Sources : Red Herring, Dating Dames







