Plus nombreux donc mieux ?
Ce principe, c’est sûr, est pertinent jusqu’à un certain nombre d’utilisateurs. Par la suite, il semble moins évident que cette loi se vérifie. C’est en tout cas ce qu’entend montrer un article du Journal of Marketing Research.
L’article montre, à partir d’une expérimentation sur des consommateurs, qu’au-delà d’un certain niveau, l’augmentation des possibilités de choix n’apporte rien de bénéfique à l’utilisateur et peut même nuire à la qualité du choix final. Alors que l’étude de l’article porte sur des biens de consommation, ses résultats semblent transférables au milieu de la rencontre.
L’idée de base de l’article est que, au-delà d’un certain niveau de choix, l’augmentation des possibilités engendre des choix sous-optimaux. Les gens passent plus de temps à chercher le produit qui leur plait. Ils lisent davantage de fiches techniques et d’avis. Au final, au lieu de garder le meilleur, ils se perdent un peu entre tous les produits. Les consommateurs, un peu lassés, en retiennent un pour en finir qui n’est pas forcément le plus intéressant.
L’étude montre le résultat paradoxal suivant : des coûts de recherche plus bas (une plus grande facilité à chercher) et une plus grande base de produit diminuent la qualité moyenne des choix effectués ainsi que la sélectivité des utilisateurs quant à leurs choix.
Sur un site de rencontre, nous pourrions extrapoler les résultats de l’étude en considérant que face à un trop grand nombre de partenaires potentiels, les utilisateurs vont avoir du mal à faire leur choix. Ils sont tentés de zapper facilement pour jeter un œil sur tout le monde sans finalement prendre le temps de ne discuter vraiment avec personne.
Remarquons que certains sites de rencontre qui rallongent les processus de découverte et d’initiation du dialogue avec l’autre vont dans le sens de l’idée de cette étude. D’autres sites proposent une sélection volontairement restreinte de profils compatibles. Cette augmentation du temps de recherche artificielle possède par ailleurs l’avantage de réduire le volume de la masse critique.
L’intérêt de l’idée défendue dans l’article, quel que soit les critiques qu’il soit possible de lui faire par ailleurs, est de bousculer le principe jusque là incontesté du « plus nombreux c’est mieux ».



